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L’œuvre d’Andrée Laurier comprend deux novellas et cinq romans littéraires salués par la critique. On parle d’une poésie naturelle. Ces livres composent deux cycles où reviennent des personnages, du Québec jusqu’à Istanbul. Ils passent, inoubliables, comme des saisons, se croisent, pensent se laisser… Une exploration de l’identité et des destins. Où les mots sont en jeu.
Andrée Laurier, Mer intérieure, roman, collection « Prise deux », mai 2013, 186 p., 14 $. ISBN : 978-2-924186-20-6 (édition papier) • 978-2-924186-21-3 (édition numérique PDF).
Deux femmes sont projetées sur la glace au moment d’un accident, une seule survit. Quelques années plus tard, Claudia, dont la mère a succombé à l’impact, retrouve la survivante, Hélène, restée sans mémoire de son existence avant ce choc de carrosseries. Alors, ensemble, Hélène et Claudia partent à la recherche d’un port d’attache dans leur mer intérieure. « “Une mère ne s’achève jamais en soi”, affirme la narratrice de l’envoûtant deuxième roman d’Andrée Laurier. Si Mer intérieure m’a à ce point charmé, c’est en raison de ses qualités stylistiques. [Une] écriture, lyrique mais sans excès, sensible et heureusement dénuée de sensiblerie [qui] témoigne d’un souci manifeste de la musicalité de la phrase [avec] dans les voiles un puissant souffle de poésie. » (Stanley Péan, La Presse) « Andrée Laurier a une voix bien à elle, belle et exigeante […] qui impose le respect. » (Marie-Claude Fortin, Voir)
Andrée Laurier, Le Romanef, roman, collection « Réverbération », 2010, 224 p., 25 $, ISBN : 978-2-923844-30-5 (édition papier) • 978-2-923844-31-2 (édition numérique). Un huis clos sur l’Athenia De l’Orient vers l’Occident avec des personnages fascinants et une écriture poétique. Un huis clos sur le paquebot l’Athenia, de l’Orient vers l’Occident, avec des personnages fascinants qui veulent refaire le monde : Aglaia, qui promène son ennui sur les ponts ; Ness, qui cherche l’adoption (père et mère) ; Bouvard et Pécuchet, éternels figurants spécialistes de la recherche et plusieurs autres, sans oublier la correspondance de Charles-Emmanuel Gauterier qui cherche son ancêtre. Le tout raconté dans un style poétique propre à la romancière. Une écriture ensorcelante. Extrait « Myriam B. Gers, femme nordique et complexe, vivrait bien après le début du XXe siècle, mais pourtant elle s’identifiait à ce siècle et crut, comme son beau visage le laissa deviner parfois, qu’elle était née à la mauvaise époque. Elle aurait dû avoir une centaine d’années de moins, selon son calcul. Elle vivait, en réalité, en l’an 2000, mais s’éveillait en 1900 bien des matins, le temps d’un poème. Le rapport que cette femme entretiendrait avec le temps et l’espace était particulier et un peu prophétique, car on commençait tout juste à admettre que le temps n’est pas forcément linéaire, et la théorie des cordes venait d’en montrer un modèle possible. Le temps, tissu cosmique fabriqué par l’Homme, avait ses plis et ses creux, et refusait de s’allonger gentiment comme un drap. On en voulut au temps, et personne n’eut envie de vieillir, au point de nier la mort comme réalité humaine — ou de l’éloigner le plus possible des sens, et donc de la vouloir invérifiable. »
Andrée Laurier, Avant les sables, novella, collection « Réverbération », octobre 2011, 124 p., 22 $, ISBN : 978-2-923844-72-5 (édition papier) • 978-2-923844-73-2 (édition numérique).
Triangle amoureux L’histoire d’amour sensuelle d’un trio éclectique Ce livre est au milieu du cycle de Myriam B. Gers. Il suit Le Romanef, campant ses ancêtres, et précède Horizons navigables au chaud de l’aventure. Il aurait pu s’appeler « L’oreiller de sable », car il se niche dans la vie de Myriam juste avant qu’elle ne se perde dans le Sahara. C’est l’amour-simoun qui annonce déjà sa fuite et sa libération. Avant les sables, Myriam s’abîme dans un brûlant triangle, son premier. Il présuppose l’abandon total aux sens humains. Les dessous de la neige. C’est ici que commence vraiment l’histoire de Myriam B. Gers. Extrait « Quelque chose menaçait de vaincre Myriam B. Gers. Et un rêve s’empara de la belle. Le rêve n’avait pas de forme discernable, mais leur langage commun à tous trois en était rendu à ces fines perceptions. La quête s’approfondissait — dangereusement. C’était un grand rêve fleuve, le long d’une noire contrée profonde qui faisait des prisonniers, si on n’y prenait garde. Il était impossible de savoir l’histoire parallèle et étrange qui l’agitait quand Myriam s’endormait quelque part, presque n’importe où, maintenant. Alba ne la laissait plus longtemps seule à la salle de bains ou à la cuisine. Le rêve réclamait Myriam. Le songe voulait que vienne dormir en lui la belle. » |
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