Rue Saint-Olivier


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André Carrier, Rue Saint-Olivier, roman, collection « Réverbération », avril 2012, 122 p., 21 $, ISBN : 978-2-923844-86-2 (papier) • 978-2-923844-87-9 (numérique).

Je cherche mon frère mort
ou je me cherche mort en mon frère


On a trouvé David pendu à la branche d’un arbre dans le parc du Cavalier-du-Moulin à Québec. Suicide ou meurtre ? Ce fut la fin, mais peut-être aussi l’accomplissement, du bonheur tranquille d’une famille.

Extrait
« Tout ce passé qui vient vous déchirer comme un animal affamé, qui s’accroche à ce qui a encore de la santé pour en dévorer les vertus ! Et pourtant, en d’autres temps, nous avons été heureux, vous savez.
En ce temps-là, papa m’imprégnait du quotidien, y glissant sans résister, plutôt heureux, alors que maman m’enjoignait de me dédier aux principes. Et David nous ensoleillait.
David fut un oiseau. Défendait-il la paix, c’était une fleur blanche dans les cheveux, lui à qui rien ne résistait et qui ne connaissait l’amertume des défaites ni la haine qu’elles génèrent. David défendait la liberté et l’amour car il a toujours choisi le meilleur, rien de moins. Il volait au-dessus de la complexité des êtres et des choses, dédaignant les zones troubles de la bête humaine. Moi, je ne revendiquais jamais dans la rue et chaque matin je me levais, lesté du poids des souffrances des vivants, si souverainement anodin à nourrir les oiseaux et le chapeau des bélîtres. Et pourtant je sais que, comme moi, il se pliait mal à la réalité. »

André Carrier a fait une carrière dans l’enseignement de la philosophie et dans la pratique du droit criminel. Il a publié quelques textes poétiques (Estuaire et Moebius), des ouvrages destinés à l’enseignement de la philosophie et un premier roman, Rue Saint-Olivier, paru chez Lévesque éditeur en 2012.








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